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 des chasseurs alpins dans l'Aube en Juin 40

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paysan

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Date d'inscription : 26/09/2010

MessageSujet: des chasseurs alpins dans l'Aube en Juin 40   Jeu 5 Jan - 20:30

Pour ceux qui s'intéressent aux chasseurs voici une preuve de leur paassage chez nous dans la tourmente de juin 40



22° B.C.A. : 10 officiers/150 chasseurs/6 F.M. 62° B.C.A. : 2 officiers/40 chasseurs 64° B.C.A. : 9 officiers/ 219 chasseurs/8 F.M. Le 13 juin A l'aube un ordre prescrivant le repli en direction de Morangis me parvient. Cet ordre indique, en outre, qu’une compagnie du 99° R.I.A. est mise à ma disposition dans la région d’Ablois. Je me mets aussitôt en relations avec le Chef d’Escadron Cardot (303° R.A) commandant le groupe d’appui direct; je règle avec lui les différents arrêts de l’artillerie en vue de son appui et décroche mes éléments sans contact avec l’ennemi. Je rencontre aux environs d’Ablois le commandant de la Compagnie du 6° R.I. et celui-ci me fait connaître qu’il a reçu mission de renforcer le G.R.D.I. 41 pendant ce repli. Je n’ai plus revu, par la suite, cet officier. Avant d’arriver à Morangis, un officier régulateur se disant appartenir au C.A. m’interpelle en criant : "26ème Demi-Brigade! Morangis!" La 26° demi-brigade s’installe à Morangis. La Compagnie Minot du 22° B.C.A. est placée en lisière nord en couverture approchée. Le G.R.D. et la Compagnie du 6° assurent la couverture éloignée. L’état de fatigue des chasseurs, qui, depuis de longs jours, n’avaient ni mangé ni dormi (se déplaçant la nuit pour se battre le jour), était tel qu’il paraissait impossible de leur demander alors le moindre effort. C’est à ce moment que je suis appelé au P.C. de la D.I. Le général commandant la D.I. projette une contre-attaque en direction d’Oeuilly avec l’appui de chars qu’il demande au commandant d’une division voisine, sans pouvoir les obtenir. Pendant l’élaboration de ce plan on me conseille de me reposer un peu et la chambre du général fut mise à ma disposition. Réveillé une heure après vers midi, j’appris du général que les Allemands étant à Ablois, il fallait qu’avec les éléments de la 26° D.B. j’aille occuper le plateau sud de cette localité, en contre-attaquant. Je mis alors le général au courant de l’état de fatigue extrême des chasseurs, mais, comprenant qu’il s’agissait surtout d’une mission de sacrifice devant permettre au reste de la D.I. de se replier, je demandais au général d’envoyer tout de suite de quoi faire manger les hommes de façon à pouvoir assurer cette mission avec plus d’efficacité. Effectivement, je pouvais rapporter du ravitaillement à Morangis, à midi trente. A 14 h 30, le dispositif de contre-attaque composé de quatre compagnies de 3 sections de la D.B. avec 14 F.M. et d’une demie compagnie du 99° R.I.A. est déclenché ayant comme axe de marche la route d’Ablois. Les hommes ont mangé et dormi deux heures. Les éléments d’avant-garde venaient à peine de prendre le contact qu’un ordre très urgent de repli était donné en direction de Bergéres les Vertus. Deux automitrailleuses, mises à la disposition de la demi-brigade s’étaient portées en direction d’Ablois. L’ordre impliquant la rapidité de l’exécution en raison des menaces sérieuses à l’ouest, la 26° D.B. se décroche et commence son repli. Le Capitaine Griolet commandant l’arrière-garde de la 26° D.B. rencontre pendant le repli deux capitaines qui stationnaient, avec leurs chars, sur la route. Après lui avoir appris que les deux automitrailleuses envoyées en avant des éléments de contre-attaque avaient été détruites et brûlées par l’ennemi à la sortie sud d’Ablois, ces deux officiers français firent la réflexion : "Au moins voilà une troupe qui se replie en ordre. pour une fois, cela fait plaisir." A Vertus, la Compagnie Latruffe (22° B.C.A.) est placée en couverture sur les hauteurs qui dominent la localité au nord. Des bouchons sont installés sur la voie ferrée, en direction de l’ouest. Le reste de la demi-brigade, cantonne à la ferme de la Censée où elle subit un bombardement intensif d’aviation. Aucun ravitaillement ce soir-là encore et fatigue accrue des hommes. Le 14 juin A une heure du matin, arrive l’ordre de départ, apporté par un motocycliste. Cet ordre prescrit le passage de la D.B. à 2 heures au point initial fixé par la D.I. à 3 kilomètres de là. La demi-brigade doit se rendre sur la bretelle Maurins le Petit - Ecury le Repos, où de nouveaux ordres seront donnés. Les éléments de la D.B. arrivent vers 6 heures. A 11 heures, le Capitaine Fossat, commandant la section de transmission de la compagnie de commandement, apporte un ordre prescrivant à la 26°D.B. de partir se placer à 600 mètres au nord d’Oeuvy, à l’ouest de la route Fère Champenoise - Oeuvy. Les 2 autres régiments de la D.I. devaient se disposer dans la même région de façon à former un triangle, la pointe au nord avec le 6° R.I. Après une étape, durant laquelle, l’aviation italienne ne cesse d’effectuer des bombardements par vagues successives, créant un intense désarroi parmi les innombrables convois qui sillonnaient la région, la 26° D.B. s’installe, vers 14 heures, aux emplacements prescrits. La liaison recherchée avec le 6° et le 173° permet de constater l’absence de ces unités qui, semble-t-il, n’avaient été touchées par l’ordre. La D.B. essuie de nouveaux bombardements aériens ne provoquant heureusement que des pertes légères. Vers 17 heures, un chauffeur du P.C. de la D.B. prescrivant le repli de la D.B. en 2 bonds : a) Champfleury. - b) Rives sud de la Seine. Les éléments de la D.B. se mettent en route et atteignent Champfleury vers 20 h 30. Aucun ravitaillement en vivres n’est encore arrivé. Et la faim ajoute encore à la fatigue des hommes. A 21 heures, le Capitaine Dupassage, venant de l’I.D., arrive avec un nouvel ordre de repli immédiat sur Pouan (Aube). Le P.C. de la D.I. était fixé pour le lendemain à 8 km S.E. d’Arcis sur Aube. Le Capitaine Dupassage avait expliqué que la poussée ennemie se faisant surtout à l’Ouest, il y aurait lieu de passer la Seine plus au sud, sans autre précision. Et il avait laissé entendre que désormais les ordres parviendraient difficilement. Ce fut le dernier contact que la 26° D.B. eut avec la D.I. Le 15 juin La D.B. franchit l’Aube au pont de Viapres le Petit et atteint Pouan vers 2 heures du matin, toujours sans ravitaillement. Le lieutenant chargé de faire sauter le pont me fit part de son pessimisme en me disant qu’il n’était pas prudent de s’attarder à Pouan. Je pris l’initiative de partir à 4 heures pour traverser la Seine à Villacerf et communiquais cet ordre aux chefs de bataillon. Puis je partis en avant avec ma voiture personnelle et mon adjoint pour reconnaître le passage. Le pont de Villacerf était déjà tenu par des blindés allemands. Je fis alors la reconnaissance de tous les ponts jusqu’à Troyes. L’ennemi était partout. Arrivé à Troyes vers 9 heures, je remarquais que le pont Hubert situé un peu plus loin que le pont Ste Marie et coupé par une bombe d’avion, venait d’être à nouveau à la circulation. Je reviens aussitôt à Villacerf croisant d’innombrables camions de réfugiés embouteillant la route latérale à la Seine. A Villacerf j’attendis les éléments de la D.B. et j’expliquais la situation aux chefs de bataillons. Je leur demandais de dire aux hommes que malgré leurs fatigues un nouvel effort s’imposait à eux pour franchir la Seine à Troyes avant que les Allemands n’y arrivent (15 km environ). Je leur fis également part de mon intention de me rendre à Troyes pour y organiser un cantonnement provisoire et du ravitaillement en vivres. L’affaire du Pont Hubert J’arrivais à Troyes avec le Capitaine Bessy, mon adjoint, et s/Lieutenant Causeret. Le pont Hubert est maintenant barré par les Allemands. Et un double convoi civil et militaire, sans conducteur dont la tête arrive jusqu’au pont embouteille la route. Un bombardement de l’aviation italienne ajoute encore au désordre complet qui règne dans ce faubourg. Ayant remarqué la présence de divers éléments épars je les regroupe et les constitue en patrouilles avec mission d’expulser des jardins bordant la route les éléments légers ennemis qui s’y étaient infiltrés. Un capitaine du génie de la 28° D.I., et le Capitaine Bessy, s’offrent pour faire une patrouille ainsi que 2 autres officiers (Lieutenant Potier du 80° R.I.) et un cavalier du G.R.D. Grâce à l’action de ces patrouilles, les jardins ont pu être "nettoyés" aux deux ailes, mais la défense ennemie se concentre sur le pont et dans les maisons environnantes au delà du pont. Deux automitrailleuses se défilent derrière les haies et mitraillent les petits postes que j’avais placés autour du pont. Des minen semblant tirés d'une maison d’habitation, bientôt repérée, tombent en avant du pont balayé en même temps par un feu nourri de mitraillettes. Le Capitaine Bessy découvre un canon de 25 et des munitions dans un convoi de chenillettes abandonné. il le met en batterie et à défaut de personnel, cet officier assure seul le service de la pièce sous le tir des armes automatiques et minen allemands. Avec un mortier de 60, trouvé également sur les lieux, un officier et un sous-officier d’infanterie tirent pendant ce temps sur la maison d’où viennent les minen. Mais le combat s’amplifie. Des renforts allemands surviennent. Deux mitrailleuses d’un régiment de zouaves sont mises en batterie. L’aviation italienne reparaît et bombarde et mitraille le pont. Assurant la direction des opérations je regroupe le plus grand nombre d’hommes dans le but d’essayer de faire une brèche dans le dispositif et de faire passer le pont à l'interminable convoi stationnant à ses abords. Cependant la défense ennemie se renforce de plus en plus et la vanité de nos efforts apparaît malgré l’héroïsme de certaines individualités dont une surtout est à retenir: celle d’un tireur de F.M qui, ayant un mauvais champ de tir pour utiliser sont arme, se dresse debout à l’entrée du pont, mitraillant les Allemands à 150 mètres, il tombe grièvement blessé atteint par une rafale de mitraillette. J’ai rédigé sur le champ un ordre de citation à l’ordre de l’armée pour ce soldat dont j’ai oublié le nom, et j’en ai remis le texte à l’officier du régiment de ce jeune héros. Vers 18 heures ayant acquis la certitude que tout effort de percée en direction de Troyes était vain, la ville étant fortement occupée par l’adversaire, j’abandonne ces opérations de nettoyage et me porte au devant de la 26° D.B. dont les différents éléments venaient d’arriver et de se regrouper dans un bois à l’entrée de Troyes. Je réunis les chefs de bataillon et prends la décision de passer la Seine plus au sud. Au même moment, des vagues successives d’avions italiens, bombardant le bois et l’entrée de la ville. Les faubourgs sont complètement rasés et les convois hippo ou motorisés fortement endommagés. Après avoir consulté une carte Michelin, je donne l’ordre suivant : "La 26° D.B. traversera la Seine à Ville-Moyenne et se regroupera au delà de la coupure au village de Foucarde". Je renvoie alors mes deux voitures de liaison avec le Capitaine Ambrosi de mon E.M. et, suivi de mon adjoint, et du s/Lieutenant Causeret, prends le tête de la D.B., qui ne constitue plus qu’un détachement de 200 hommes. La Compagnie Latruffe du 22° B.C.A. et la Compagnie Combet, fortement réduites et encore dispersées par le dernier bombardement d’avions, furent regroupées par leur chef respectif mais ne rejoindront pas le gros de la D.B. et passeront la Seine, le lendemain à des endroits différents. Affaire de Les Parres Après Villechétif qu’elle quitte à 19 heures, la D.B. traverse une forêt puis débouche sur un vaste champ de blé. Le groupe du 22° B.C.A. est en avant-garde. Devant, à environ 600 mètres, une crête parallèle à la route nationale Troyes, Bar-sur-Seine. Des coups de feu partent de cette crête située à 2 ou 3 km à l’est de Les Parres. Le groupe franc se déploie et prend le contact. Des éléments du 64° B.C.A. le renforcent et le combat s’engage. Je demande un volontaire pour porter un F.M sur un point afin de prendre de flanc l’ennemi. Un s/officier du 22° B.C.A. se présente, enfourche une bicyclette et par une route perpendiculaire à la crête va prendre position au point indiqué, malgré le tir ennemi qui l’oblige à abandonner son vélo. Appuyé par le tir de ce F.M., le groupe franc avance et l’ennemi se replie vers Les Parres, laissant entre nos mains un prisonnier valide du 14° R.I. allemand. La 26° demi-brigade reprend sa marche en avant et sans être inquiétée de la soirée, poursuit sa progression en direction du sud-ouest. A quelques kilomètres plus loin, devant une ferme, nous rencontrons un officier du G.R.D en side-car. Celui-ci m’apprend que sa division (42° D.I.) doit se frayer un passage sur la Seine le lendemain et demande qu’on lui remette le prisonnier. Ce prisonnier interrogé à la D.I. pouvant fournir des renseignements utiles à l’opération projetée, je le remis entre les mains de l’officier du G.R.D. et la demi-brigade reprit sa route, en direction de Ville Moyenne. Arrivé dans une ferme, à environ 7 km du village de Verrières, un s/officier m’a fait connaître que le pont sur la Seine à hauteur de cette localité, était libre. La D.B. s’y dirige et atteint ce pont à 22 h 30. Il avait sauté! Le détachement reprit alors la direction de Clerey bas dans l’espoir de trouver un passage libre. La fatigue des chasseurs Depuis le départ d’Oeuvy, le 14 juin à 18 heures (c’est à dire en 30 heures), le détachement avait parcouru 80 km sans manger ni dormir et avait soutenu deux combats, faisant un prisonnier. Le dernier ravitaillement datait du 13 Juin midi à Morangis où les chasseurs avaient touché du pain et du singe (pas en abondance) avant la contre-attaque amorcée. A Clerey-bas, ce n’étaient plus des chasseurs, mais des fantômes titubant, littéralement épuisés de fatigue, harassés par le manque persistant de sommeil depuis neuf jours.
Situation des effectifs de la demi-brigade


Tiré de l'adresse suivante je vous recommande la lecture de cet exposé ou l'on parle entre autre de combats à Lantages! Very Happy
http://www.empereurperdu.com/tribunehistoire/viewtopic.php?f=16&t=170
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grognardriceys

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MessageSujet: Re: des chasseurs alpins dans l'Aube en Juin 40   Jeu 5 Jan - 20:51

les recherches, y_a rien de mieux !!!!


bien !!!!!
patrice
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MessageSujet: Re: des chasseurs alpins dans l'Aube en Juin 40   Sam 7 Jan - 11:11

j'avais dejà un indice: cette magnifique paire de chaussures de chasseurs alpins trouvée sur vide grenier à coté de chaource par ma chere et tendre. Wink





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MessageSujet: Re: des chasseurs alpins dans l'Aube en Juin 40   

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